Lu dans "La Gazette" : "Le gouvernement autorise la gestion déléguée des sites cinéraires. C’est une petite révolution dans le monde du funéraire. Dans une ordonnance présentée le 27 juillet en conseil des ministres et parue au Journal officiel du 29 juillet, le ministre délégué aux collectivités territoriales
autorise désormais les communes et les EPCI à créer et à gérer des sites cinéraires - colombariums et jardins du souvenir - par voie de "gestion déléguée". Ça ne vous parle pas plus que ça ? Vous avez tort : on va privatiser nos morts !
Cendres folles s’envolent
sous les yeux pâles et contents
et à jamais
restent en suspens
(
Partir avant les miens), Daniel Balavoine
Soyons clairs : même si cette délégation de service public
n’est pas possible lorsque le site cinéraire est situé à l’intérieur du cimetière, l’Eglise catholique prise peu les incinérations (même si elle ne les condamne plus depuis 1963) et il est très fréquent que les sites cinéraires soient parfaitement distincts des lieux de culte. Or, c’est justement ceux-là qui sont concernés.
Visiblement pressé d’agir avant la rentrée, Brice Hortefeux
envisage ainsi de "faire face au développement de la crémation en France" en offrant "plus de lieux de sépultures pour accueillir les urnes ou disperser les cendres".
Ainsi que le mentionne "La Gazette", "du côté des opérateurs publics, on tombe des nues. Le 25 mars dernier, lors de sa dernière réunion, le conseil national des opérations funéraires (CNOF), qui réunit l’ensemble des professionnels du secteur, avait en effet émis un avis défavorable contre ce projet de texte. "Devant
son insistance, nous avons même transmis une motion au ministre" déplore Corinne Loiodice, présidente de l’Union des professionnels du pôle funéraire public (UPPFP) qui dénonce "une privatisation pure et simple des sites cinéraires qui se traduira de toute évidence par une propagation d’espaces
cinéraires à l’initiative d’entreprises désirant développer de nouveaux
produits et non par les collectivités en réponse à un réel besoin". Et d’évoquer la vocation de ces sites "à accueillir à terme des inhumations et donc à envisager la privatisation des cimetières".

Allié de poids pour les opérateurs publics, le sénateur Jean-Pierre Sueur voit de son côté "
une rupture totale avec la tradition républicaine et laïque de notre pays qui
veut qu’une inhumation ait lieu dans un cimetière à caractère public ". Il vient de déposer une proposition de loi pour établir un "édifice législatif exhaustif sur le statut et la destination des cendres". Parmi les mesures préconisées : l’obligation pour les communes de plus de 3000 habitants de
disposer d’espaces cinéraires et l’interdiction de créer des sites cinéraires privés. Le débat devrait rebondir prochainement. L’ordonnance peut dès à présent faire l’objet d’un recours devant le Conseil d’Etat."
Je vous le dis : nous vivons décidément une époque formidable !
NB : Sur la législation concernant les cimetières, à lire aussi : "
Profanateurs de cimetières"
Nouveau : Vincent Bouba illustre Vox pop’ !
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