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COUP DE GUEULE

LES ANTIBIOTIQUES, C’EST PAS AUTOMATIQUE !

vendredi 20 février 2004, par Philippe Lheureux

Grâce la campagne « Les antibiotiques, c’est pas automatique ! Parlez-en à votre médecin ! » (les rudiments de son métier lui auraient-ils échappé ?), le citoyen lambda découvre avec stupeur que pendant plus de 40 ans, le corps médical français s’est ingénié à lui prescrire des antibiotiques pour lutter contre des angines virales, lors même que ces virus étaient parfaitement insensibles à ce traitement. On s’interroge : 7 ans d’études après le bac, quand même, pour devenir toubib ! En vain ?


Santé financière : Ministère amer ?

Qu’on se rappelle cette pub télé édifiante : « Quoi ? ton fils a une angine et tu n’es même pas foutue de lui faire prescrire des antibiotiques ? ». Outre son machisme intrinsèque, elle évoque un peu le sketch de Coluche sur le nouvel OMO, en beaucoup moins drôle. Bien que ce spot tente d’atténuer la responsabilité des médecins en insinuant que ces derniers obéissent aux ordres des patients, le mal est fait. Salauds de médecins et de malades ! : les coupables du déficit de la Sécurité sociale sont enfin clairement désignés. Nous tous, sauf les dysfonctionnements d’un système...

Règlements de comptes à OK Corral

Côté médecins, qu’on se le dise : inconscients et irresponsables, ils sont de surcroît dangereux, tout individu sous antibiotiques nécessitant théoriquement une mise en quarantaine jusqu’à la fin de son traitement : la propagation diabolique de bactéries aussi virulentes que contagieuses n’est-elle pas nuisible au bon fonctionnement de notre société ? Côté malades, au pays de Molière, nous sommes culturellement « imaginaires », nous faisant prescrire des Placebo à prix d’or et exigeant une marque comme on porte des Nike, pour avoir le sentiment d’exister.
Etant bien entendu qu’une écrasante majorité de médecins, commerciaux dans l’âme et aux ordres de grands laboratoires pharmaceutiques, n’ont pour seule ambition que de s’offrir annuellement un voyage à Marrakech au prix du serment d’Hyppocrate, nous n’avons aucun mal à dénigrer les médicaments génériques pour satisfaire notre névrose...

40 ans de silence, 13 ans de solitude

C’est qu’ils en ont mis du temps, les hommes politiques, à comprendre quels étaient les vrais responsables du trou de la Sécurité Sociale... 40 ans pensez donc ! Bien sûr, il y eût des signes avant-coureurs, voici plus d’une décennie, sur le thème : "La Sécu c’est bien, en abuser, ça craint". Mais on n’avait rien vu venir. On se disait : "la Sécu, non, ils n’oseront pas". Faut dire qu’on se disait un peu pareil pour les retraites...
Le remède miracle, dans les deux cas, afin de sauver notre "système par répartition" est désormais simplissime : « Cotisez un maximum, nous vous rembourserons un minimum".
Médecins-prescripteurs, malades-consommateurs, vous êtes la gangrène de notre société !

Fin de droit

Le gouvernement considère aujourd’hui que plus de 600 médicaments utilisés par les français étaient inefficaces et ne sauraient à ce titre être remboursés par la Sécu. Une question se pose dès lors : nos dirigeants étaient-ils jusqu’à présent à la solde des laboratoires pharmaceutiques, en acceptant de subventionner des produits inopérants, ou cherche-t-on à mégoter sur notre santé ?
En furetant sur Internet, on finit par trouver quelques pistes relatives à cette passionnante énigme. Ainsi, sur http://www.senat.fr/rap/r98-474/r98-4744.html, on peut lire :
A- Les médicaments pris en charge par la sécurité sociale En vertu de l’article 281 octies du code général des impôts, les médicaments et produits définis comme tels (préparations magistrales, médicaments officinaux, médicaments ou produits pharmaceutiques visés à l’article L.601 du code de la santé publique) sont soumis au taux " super-réduit " de TVA s’ils sont pris en charge par la Sécurité sociale. Ce taux de 2,1% a été étendu par l’article 34 de la loi de finances rectificative pour 1997 à compter du 1er janvier 1998 aux médicaments soumis à autorisation temporaire d’utilisation (ATU), préalablement le cas échéant à la délivrance d’une autorisation de mise sur le marché (AMM).
A défaut de cette prise en charge, c’est le taux réduit "de droit commun", soit 5,5 %, qui s’applique.
Voilà comment un médicament non remboursé rapporte 3.4% de TVA en plus à l’état. Rien à voir avec des tests scientifiques sur les substances vendues. Faut-il estimer normal, même à 2.1%, de payer une TVA sur les médicaments ? C’est tout un système qu’il faut repenser !
On ne pourra pas impunément continuer de voler l’argent des Français sans qu’ils s’en aperçoivent...
Comme l’affirmait déjà Balavoine face à Mitterrand en 1981 à propos de la "jeunesse" (il songeait aux banlieues) : "Le désespoir est mobilisateur". Faudra-t-il un éclatement de la société civile pour que "les grandes personnes qui nous gouvernent" le comprennent enfin ?

Pour aller plus loin :
-  Automédication : Martin Winckler répond à nos questions

Dessin : © Laetitia Koch 2002-2004 - Tous droits réservés.

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Philippe Lheureux]
[(Le mécanisme secret de la grande pyramide d’Egypte)
Philippe Lheureux 50 ans.
Auteur du livre "Lumières sur la lune" distribué par les éditions CARNOT.
Auteur du livre "Gourou de secours" publié aux éditions JMG.
Auteur du livre "Le mécanisme secret de la grande pyramide" aux éditions Le Temps Présent.
Webmaster du site www.vox-populi.net

 

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