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GOUVERNEMENT RAFFARIN : UNE RENTRÉE EXPLOSIVE ?

mercredi 20 août 2003, par Gaëlle Sartre Doublet

Celui qui s’inquiète tant ces derniers jours des effets de la canicule pourrait dès la rentrée connaître des sueurs froides. L’homme des « réformes » - nouvel euphémisme de « régression sociale » depuis l’accession du baron Seillières à la tête du MEDEF - a de quoi s’inquiéter :
après avoir (con)vaincu la « France d’en bas » d’accepter les 42 annuités pour tous et fait passer en force une décentralisation partielle de l’Education Nationale, il se voit désormais confronté à une grogne des personnels hospitaliers.
Un début d’embrasement ?

Le coup de Sirocco

3000 morts, peut-être 5000 selon la très sérieuse Direction Générale de la Santé. Le bilan sera sans doute plus lourd. La faute à pas de chance, qui réduirait à néant tout désir de « polémique » ?
Pas si sûr, d’autant que la canicule vient de faire une victime supplémentaire : Lucien Abenhaïm, précisément directeur de la DGS depuis 1999 et spécialiste de la santé publique. Or, ses faits d’armes ne sont plus à démontrer : pionnier en France de l’étude des médicaments après leur mise sur le marché, on lui doit le retrait de certains anoxérigènes (nommés également coupe-faim), mais aussi un rapport sans concession sur la vache folle.
Oui, mais voilà... Il fallait un agneau sur l’autel du gouvernement Raffarin. Ce fut lui.
Même s’il semble évident que cette « catastrophe sanitaire » ne saurait relever de la responsabilité d’un seul homme, fut-il Lucien Abenhaïm en personne, son sacrifice, organisé de main de maître par Jean-François Mattéi, ne semble pas en haut lieu provoquer d’états d’âme.
Silence, on tue...

Le coup de sang

La « France d’en bas », par contre, ne paraît pas l’entendre de cette oreille. La colère monte au sein des personnels hospitaliers, qui voient dans cette hécatombe une confirmation éloquente de la dégradation de l’hôpital public : manque de bras, manque de lits, diminution chronique des budgets, création insuffisante de postes aggravée par les 35 heures, conditions de travail de plus en plus insalubres... les arguments ne manquent pas. Et il est à redouter que la « prime » récemment allouée par le gouvernement aux personnels hospitaliers ne parvienne pas à museler toutes les langues.
Pas celle de Pascal Champuert, en tout cas...
Président de l’Association des Directeurs d’établissements d’Hébergement pour Personnes Agées (ADHPA), ce dernier n’hésite pas à affirmer : « Je crains que le gouvernement ne croie que le manque de personnel et de crédits sera réglé en donnant 3 francs aux urgences, six sous aux maisons de retraite et en faisant démissionnner le Directeur Général de la Santé ».
On ne saurait dire mieux...

Le coup pourri

Fin des soucis pour Raffarin ? Certainement pas ! Viennent les profs qui, globalement, ont perdu la partie lors des manifestations du printemps dernier. Le gouvernement aurait pu se révéler fair-play, d’autant qu’en apparence il paraissait particulièrement sensible au « malaise des enseignants ». Il leur en a donné une preuve exemplaire en appliquant à la lettre « l’arrêt Omont », datant de 1978 et tombé en désuétude depuis sa création.
Or, que stipule cet arrêt, ressuscité par une circulaire du 5 Août 2003 ? Que seront défalqués des salaires non seulement l’intégralité des jours de grève (ce qui peut se concevoir), mais également tous les week-ends, jours fériés et congés inclus dans la période de contestation !!!
Du jamais vu ! Une bonne façon de dissuader les profs de remettre le couvert en septembre.
Finement pensé, non ? Quoique...

Les coups de poker

Pour la rentrée, ils foisonnent. Faites vos jeux !
Tout d’abord, et contrairement à ce que le gouvernement aimerait nous laisser croire, le débat sur les retraites n’est pas clos. Demeurent en effet en suspens un certain nombre de questions, et pas des moindres : le problème des retraites complémentaires, qu’elles soient publiques ou privées ; l’évaluation de la pénibilité du travail et le rachat des années d’études dans le calcul de nos pensions. Une paille !
Dans la famille emm... potentiels pour Raffarin, viennent ensuite et dans l’ordre croissant :
les intermittents du spectacle qui, dans la foulée de leur récente action à la Chaise-Dieu en Haute-Loire, ont décidé dès la rentrée de perturber des représentations parisiennes ; les revendications des agriculteurs qui ont déjà perdu plusieurs centaines de millions d’euros en raison de la sécheresse ; le budget 2004, avec un déficit qui s’emballe, une croissance en berne et une contradiction majeure inhérente à la politique du gouvernement, à savoir le maintien du pacte de stabilité européen associé à la prorogation de la baisse des impôts (on rit !). Mais ce n’est pas tout...
Pour la fine bouche, le meilleur pour la fin : la « réforme » de la Sécurité Sociale (!)
En ce domaine, certes prudent, le gouvernement a choisi d’étaler « la bombe » sur un an. Choix a été fait, d’ores et déjà, d’attendre qu’élections régionales et européennes se soient déroulées « normalement », au printemps 2004, pour lancer l’offensive.
Dis, tonton, pourquoi tu tousses ?

G.S.D.

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