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SYNDICALISME : LE « CAS » JEAN BRUEL

mardi 19 août 2003, par Gaëlle Sartre Doublet

Effet Seillières ou tension du marché du travail, les employés syndiqués ne sont pas à la noce et l’imagination des patrons indélicats se débride dès qu’il s’agit de les faire renoncer à leurs prérogatives : modification des conditions de travail, brimades, techniques d’isolement ou d’humilation, la palette du harcèlement est large et haute en couleurs.
A l’heure où l’ensemble des syndicats s’accorde à dire qu’on assiste à une recrudescence d’affaires de harcèlement à l’encontre des personnels syndiqués, surtout dans les PME où l’implantation syndicale est plus fragile, un homme illustre parfaitement leurs propos : le « cas » Jean Bruel.

Syndicalisme ? Connais pas !

Patron des bateaux-mouches sur la Seine depuis 1949 et de 200 salariés répartis en plusieurs sociétés, ce personnage de roman incarne à lui tout seul le panel des méthodes patronales (tendance Germinal) destinées à tuer dans l’oeuf toute velléité syndicaliste.
Le verbe haut et le comportement outrancier, proche de l’OAS et du FN, « Papa » comme il se fait appeler par ses employés, n’a rien d’un enfant de chœur.
« Tant que je serai vivant, aucun syndicat ne mettra les pieds chez moi » se plaisait-il à affirmer. C’était compter sans une poignée d’irréductibles, avec à leur tête Patrick Prost. Assigné devant le tribunal d’instance, contraint de s’exécuter, Jean Bruel assiste impuissant à l’organisation des élections.
Fin de l’histoire ? Certainement pas !

Papy fait de la résistance

A 86 ans, « Papa » compte bien en découdre avec ces « loufiats syndiqués ».
Montrant les crocs, il s’organise à son tour.
Intimidations d’abord : « le premier qui vote sera viré » annonce-t-il en guise de préambule. Manière forte ensuite : s’appuyant sur les « serbes », ses hommes de main, il distille brutalités et menaces de mort à l’encontre de son personnel. Et ce n’est pas tout : réduisant volontairement l’activité de son entreprise par l’augmentation artificielle des tarifs et la diminution des prestations, son objectif est on ne peut plus explicite : « On va vous appauvrir » affirme-t-il aux salariés.
Fidèle à lui-même, il ajoute : « ça fait chier de donner de l’argent au personnel ».
Vaille que vaille, les élections finissent par avoir lieu. Elena Stanciu, secrétaire du syndicat HTR d’origine roumaine, venue contrôler la régularité du scrutin, se voit qualifiée de « Mme Ceaucescu » et est débarquée sans ménagement sur le quai.
La pression est telle que le tribunal se voit contraint de valider un vote dont le quorum n’a pas été atteint et ordonne un second tour. La CFDT rafle alors la totalité des sièges, mais « Papa » ne s’avoue toujours pas vaincu.
Aussi sec, il entame une procédure de licenciement à l’encontre de 4 membres de la CFDT, dont 3 titulaires.
Saisie, l’inspection du travail ordonne la réintégration des salariés et se voit accusée « de prendre fait et cause » pour des « revendications délirantes ».

Bien mal acquis ne profite jamais

On peut supposer que ce feuilleton n’aurait jamais pris fin si le sort ne s’en était mêlé.
Mr Jean Bruel est mort mercredi 23 juillet, au volant de sa voiture, victime d’une crise cardiaque faisant suite à une agression.
D’après plusieurs témoins, un individu en BMW précédant le véhicule de Mr Bruel lui aurait demandé de baisser sa vitre afin de lui dérober son attaché-case. Le vol se serait déroulé sans violence, mais le choc émotionnel aurait été suffisant pour déclencher un infarctus.
Un simple fait divers, donc ...
Ouf ! On respire...

G.S.D

Messages

  • A lire les romans de Nicole de Buron, je voyais bien que son mari était un drôle de personnage.
    Evidemment, elle peint ses côtés sympathiques. Voulant en savoir davantage
    je suis venue sur votre site, et j’ai découvert les mauvais côtés de ce monsieur !
    Je tombe de haut !

    Voir en ligne : syndicalisme : le "cas" jean Bruel

  • "A Castelreng, l’ancien maire Pierre Rolland a bien connu Jean Bruel. Il se souvient lorsque le PDG des Bateaux-Mouches est venu acquérir ce domaine viticole de la « Flassanne » en 1974 : « C’était quelqu’un d’une gentillesse à toute épreuve, qui avait le coeur sur la main. Mais, avec sa forte corpulence, il ne fallait pas non plus le chatouiller, car il aimait aussi qu’on le respecte. C’était un homme qui aimait la blanquette de Limoux et qui l’avait fait connaître à Paris".

    Les avis sur ce Monsieur sont partagés, il avait une "bonne tête" et moi j’adore Nicole de Buron

    Voir en ligne : la dépeche du midi 27/09/03

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