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L’UKRAINE, L’ABSURDE SANS FRONTIÈRES

jeudi 1er septembre 2005, par Rezki Mammar

Andreï Kourkov est l’un des porte-drapeau de la littérature ukrainienne des années de l’indépendance. Dans son pays, la chute de l’URSS est une descente sans fin, dans les entrailles de l’économie souterraine et des réglements de comptes tordus. Le romancier a acquis une renommée internationale, jusqu’en France. 2005 marque sa réédition en poche et la sortie de son dernier roman.

Les Mercedes blindées, les gardes du corps à lunettes fumées et les scandales politico-mafieux... Bienvenus en Ukraine, mais pas n’importe laquelle : celle d’Andreï Kourkov. Quoique, à y regarder de plus près, la jeune république post-soviétique ne serait pas si éloignée de cet univers romanesque. Les situations sont tellement rocambolesques et drôles qu’on a peine à y accorder du crédit jusqu’à ce que la presse nous apprenne que la réalité dépasse la fiction. Le Dernier amour du président (paru chez Liana Levi) est presque prémonitoire. On y découvre un certain Sergueï Bounine, un homme que rien ne prédisposait à devenir président et qui se retrouve victime d’une maladie de peau en 2015. Tiens, ça ne vous rappelle rien ? Et pourtant le roman a été écrit avant la Révolution orange ukrainienne.

Un auteur chez les taulards

La vie d’Andreï Kourkov ressemble étonnement à son œuvre...
Cet Ukrainien parle une dizaine de langues, dont le français. Premier fait étrange, c’est en collectionnant des cactus et en apprenant le nom latin de ces charmantes plantes que ce barbu de Kiev se met à apprendre les langues étrangères.
On ne s’improvise pas auteur de romans absurdes : notre romancier est d’abord gardien de prison à Odessa, un métier qui lui laisse largement le temps d’écrire.
Le succès est venu avec Le Pingouin (réédité en 2005 chez Pocket), l’histoire de Victor, un journaliste chargé d’écrire les nécrologies « pré-mortem » de personnalités sur le point de se faire descendre. Comme l’indique le titre, le héros vit avec un animal, qu’il a recueilli après la faillite du zoo de Kiev. Le texte, plein d’humour, dresse le portrait sans complaisance d’une société rongée par la corruption et la crise. Le personnage, incapable de comprendre les manipulations dont il est l’objet, n’en est pas moins un témoin haut en couleurs des contradictions de son pays. Un homme extraordinaire, ou peut être seulement un compatriote du Taras Boulba de Gogol.

Poutine en maillot de bain

Le roman a été traduit en 21 langues. Les aventures de Victor et de son compagnon manchot se poursuivent dans Les Pingouins n’ont jamais froid (également chez Pocket), un second tome où le journaliste passe de l’Antarctique à l’Ukraine et de la Russie à la très périlleuse Tchetchénie.

Car notre auteur veut parler de tous les problèmes de son époque. Dans le dernier roman Le dernier amour du président, le fameux livre prémonitoire, il est encore question de pouvoir et de nationalisme. On y croise même un Vladmimir Poutine en maillot de bain. Mais à manier l’ironie la plus piquante, l’humour féroce et les allusions dérangeantes, Andreï Kourkov a eu bien des démélés avec Moscou. Pour avoir osé soutenir Viktor Ioutchenko lors de la Révolution orange, l’écrivain a été menacé et accusé de trahir la « cause russe ».

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