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FRANCE ÉLECTIONS 2007 : LA CHAPE "BOURRINE" - vox-populi.net

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FRANCE ÉLECTIONS 2007 : LA CHAPE "BOURRINE"

samedi 5 mai 2007, par Miss Achtar, Nathalie Mauerhofer

Nous voici donc arrivés en fin de campagne électorale pour les présidentielles. Nous l’avions joyeusement entamée en faisant référence à la Commedia dell’arte et c’eût été une joie que d’assister à une comédie italienne jouée avec maestria.
Mais cette comparaison était beaucoup trop ambitieuse car le niveau de la campagne tomba - hélas ! - bien bas.
Pourtant, les occasions offertes aux candidats de relever le niveau furent nombreuses...
En vain.

Nombre de meetings, de débats, de déclarations se sont succédé...
Des thèmes apparemment chers à la France ont été évoqués : les 35 heures, les crèches, le soutien scolaire et la dent du petit dernier...
De tous ces longs palabres, nous avons pu constater pourtant quelques approximations de part et d’autre sur des enjeux d’une bien autre envergure comme, par exemple, le pourcentage du nucléaire dans notre consommation énergétique ou le nombre d’enfants handicapés scolarisés.
Mais l’une des plus importantes se trouve bel et bien dans la pratique de la langue française qui, pour certains candidats, n’est pas à la hauteur du poste de chef d’Etat français qu’ils convoitent.
Ni cette maîtrise du "bon François", ni le bagage culturel nécessaire à cette fonction n’ont été au rendez-vous. Certains rétorqueront bien sûr que les deux vainqueurs du premier tour ont été brillants, sobres, passionnants, loin des intouchables présidentiables d’antan (il est vrai que s’exprimer devant de Gaulle comme un charretier eût été de mauvais aloi !), qu’ils ont su se mettre à la portée du petit peuple etc.
Il n’empêche que vouloir être plus proche du peuple, ce n’est pas tirer la France vers le bas, mais respecter la grandeur et la poésie de notre langue nationale ainsi que son patrimoine culturel.
Nous attendions donc de nos présidentiables qu’ils donnent l’exemple en s’exprimant correctement et qu’ils sachent enrichir l’Autre de leurs propres références.
Cette mission n’a pas été accomplie, ni par Sarkozy citant Jaurès (l’a-t-il seulement lu ?) et refusant qu’on lui prêtât la moindre "fatitude" [1], ni par Ségolène Royal et sa "bravitude" sur la muraille de Chine [2].
Force est de constater que sur ce sujet, les deux candidats frôlent tour à tour les abysses du vide sidéral.
La palme revient toutefois à Monsieur Sarkozy, oubliant presque systématiquement les négations, confondant le pronom relatif "qui" et la conjonction de subordination élidée avec pronom personnel "qu’il" (en clair, il met des ki ki partout) et surtout ne sachant pas encore (c’est d’un niveau de collège) que le subjonctif du verbe être se dit "soit" et non "soyent" avec le "ye" de "fille", comme le "è" de "chèvre" et le "é" de "bébé" !!! (nous vous épargnons les signes phonétiques).

Nous exprimons ici notre regret le plus profond de tous nos Présidents, depuis de Gaulle jusqu’à Chirac, de gauche ou de droite, qui étaient eux, des hommes de Lettres au patrimoine culturel et artistique incontestable et qui tous, sans exception, ont défendu avec beaucoup d’élégance et de magie du verbe notre chère langue française, pourtant tellement malmenée.
Demain, il faudra cependant bien aller voter. Mais serez-vous surpris d’apprendre que cet acte civique sera accompli de notre part sans coeur ni conviction ?

Pour conclure, laissons le mot de la fin au Président Pompidou, auteur, dans son introduction de l’Anthologie de la poésie française, de ces quelques lignes :
" À vrai dire, les vers ne sont qu’une des multiples expressions possibles de la poésie. Celle-ci est ou peut se trouver partout. Dans un roman comme dans un tableau, dans un paysage comme dans les êtres eux-mêmes, se manifeste parfois je ne sais quelle puissance de rêve, (...) une sorte de plongée dans les profondeurs, provoquant chez le lecteur ou le spectateur une joie mélancolique, une tristesse complaisante ou désespérée, ou encore une jubilation soudaine, qui sont quelques-uns des effets de la beauté poétique.(...)
Car mon ambition est bien de donner ici l’essentiel de notre poésie, c’est-à-dire les plus beaux vers de la langue française. (...)
M’adressant à un public que je souhaite large, j’ai renoncé à faire le délicat devant des poèmes connus de tous : s’ils me paraissaient beaux, je les ai cités.(...)
Mon principal effort a été d’essayer d’atteindre le juste milieu, de retenir les meilleurs parmi nos poètes et les meilleurs poèmes dans leur oeuvre."


Pour 5,50 euros en livre de poche, vous pouvez reprendre espoir en la politique en vous laissant guider sur les chemins de la poésie française par Georges Pompidou. Livre accessible à tous !

Dernière heure au 16/05/07 :
La rédaction de Vox Populi s’excuse par avance auprès du Canard Enchaîné pour lui pomper purement et simplement ce papier (au fait les gars, en ce qui concerne la perquisition menée par le juge Thomas Cassuto, aucun déchirement intercostal liée au fou-rire ?) mais il tombait tellement à point nommé qu’on n’a pas pu résister ! [3]

On vous le livre donc :

Pour aller plus loin :
- Langue à la sauce piquante (des correcteurs du Monde) ;
- La langue de Nicolas Sarkozy, de Martin Winckler ;
- Technologies du langage, de Jean Véronis ;
- Le trésor de la langue française informatisé ;
- Le conjugueur (spécial Sarko).

NB : Miss Achtar illustre Vox pop’ !

Visiter son site :
http://www.miss-achtar.net/

_ Creative Commons License
Cet article et ses dessins sont mis à disposition de tous sous un contrat Creative Commons.


[1Le 18 avril 2007, sur France Inter, à la question de la journaliste Helène Jouan : « Est-ce que vous craignez qu’il y ait un rendez-vous manqué entre la France et cette campagne ? Est-ce que vous avez l’impression que vous avez été au rendez-vous, que vous avez réussi à susciter le débat ? », Nicolas Sarkozy répond sans hésiter : « Hélène Jouan, ne me prêtez pas une telle fatitude ».
A croire qu’il existe chez Nicolas Sarkozy une réelle fatuité qui provoque ce type d’acte manqué...

[2"Qui n’est pas venu sur la grande muraille n’est pas brave. Et qui vient sur la grande muraille conquiert la bravitude" a fièrement déclaré la candidate socialiste en janvier 2007.
Pour une héritière Royale, ignorer la bravoure stigmatiserait-il notre déliquescence nationale ?

[3NB à l’attention du Canard : si ce déni manifeste du droit d’auteur vous importune, nous nous engageons sur simple mail à le retirer illico !

Messages

  • Vous avez raison. Reste qu’il faut expliquer ce défaut, si impressionnant. M. Sarkozy n’a pas un CV scolaire brillant, Mme Royal est énarque. Pour le premier, les lettrés, ce sont des hommes et des femmes qui gagnent peu d’argent, qui ne représentent donc pas grand chose ! Pour Mme Royal, je crois et je sais que la formation scolaire de l’ENA était et est encore très insuffisante, parce que beaucoup trop articulée autour du "management", l’art de la manipulation des individus. Depuis de nombreuses années, l’un et l’autre appartiennent aux plus "hautes sphères de la société". Il suffit d’en être pour croire que l’on est quelqu’un, d’important. Et du coup, même si le métier de "politique" est sous surveillance (enfin, à priori), on peut se laisser-aller, autre façette d’un libéralisme là aussi bien dangereux ! Et se laisser aller, dans cette situation personnelle, cela signifie faire des phrases longues. La France a son syndrome proustien. Or, faire des phrases longues est réservé aux vrais grands esprits, ceux qui ont de la mémoire, et qui, au milieu d’une phrase longue, se souviennent du début, tout en ayant à l’esprit la fin et la conclusion auxquelles ils entendent parvenir ! Et ni M. Sarkozy ni Mme Royal ne sont de grands esprits, je vous le concède, comme je l’affirme aussi ! Que voulez-vous, c’est l’Histoire de la démocratie mondiale, dans ses travers les plus pénibles et les plus graves, que celles et ceux qui se destinent aux plus grandes responsabilités peuvent être, en un sens terrifiant, des monsieurs et madames tout-le-monde, des hommes et des femmes qui n’ont jamais prouvé avoir un Q.I. exceptionnel. Ils sont souvent habiles, comme Georges W. Bush, Berlusconi, Sarkozy, l’ont démontré, ils ne sont pas intelligents, et, dans la situation qui est la notre, nous ne pouvons pas nous permettre de confier de tels pouvoirs et de telles responsabilités à des individus qui ne sont pas de grands esprits. En attendant que nos pays engagent les mouvements sociaux et politiques qui porteront à la tête du pays des hommes de savoirs, de connaissances, et de fraternité, il faut savoir différencier ce qui est tout de même foncièrement différent, n’est-ce pas, un homme, une femme, un leader de droite-extrême-droite, une femme de la gauche et du centre. N’est-ce pas ?

    Voir en ligne : L’action littéraire

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