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LE DERNIER TEMPLIER DE RAYMOND KHOURYLE DERNIER TEMPLIER DE RAYMOND KHOURY

lundi 25 août 2008, par Nathalie Mauerhofer

Pendant les vacances, lire un roman grand public de pur divertissement s’avère parfois très intéressant. Le choix de Vox Populi s’est porté sur Le dernier Templier de Raymond Khoury car c’est une des meilleures ventes en librairies et grandes surfaces. Il faut dire que le lecteur d’aujourd’hui tombe sous le charme de ces gros pavés à énigme policière sur fond historique comme le célèbre Da Vinci code. Les auteurs sont très prolixes dans ce genre littéraire à grand spectacle au sens proprement latin : spectare, c’est-à-dire regarder. L’identification n’est donc pas le plaisir que le lecteur doit chercher dans ces 600 pages !

La chevauchée fantastique


Tess, une jeune archéologue belle et intelligente se rend avec sa fille et sa mère au somptueux vernissage du Metropolitan Museum de New York où sont présentés les fabuleux trésors du Vatican, lorsque quatre individus grimés en Templiers font irruption à cheval semant la terreur parmi les visiteurs de l’exposition. Alors que sa mère et sa fille sont aux toilettes, Tess restée dans la galerie, assiste à cette scène particulièrement violente et voit l’un des chevaliers s’emparer de l’un des objets sous verre : une machine à décoder les messages. Commence alors une formidable aventure pour l’intrépide jeune femme qui cherche « le coup du siècle » : une découverte archéologique qui lui apportera renommée et richesse. Et dans cette affaire-là de Templiers, elle flaire le bon filon.
En guise de « bon coup », elle va trouver, dans cette histoire rocambolesque, le grand amour. Son chevalier servant est un policier du FBI : Sean Reilly, fort, honnête et intrépide, qui, dès le premier regard tombe amoureux de la belle aux yeux verts. Il est célibataire, elle divorcée. C’est parfait pour l’idylle. Alors les clichés littéraires s’enchaînent à un rythme effréné comme la fameuse formule « leurs yeux se rencontrèrent ». Une nuit d’amour sous une tente en Turquie au milieu des étoiles, nos deux tourtereaux roucoulent au milieu de nulle part... Tout est surfait.
Mais l’action revient vite car il y a un méchant à abattre. C’est un vieux professeur en archéologie spécialiste des Templiers et qui veut détruire à lui tout seul l’église catholique. Cette dernière l’ayant mal conseillé aurait tué sa femme enceinte. C’est donc lui qui organise l’expédition au Museum et vole la machine à décoder. Cet objet précieux est indispensable pour lire une lettre datant du XIIIème siècle qui doit mener à l’endroit exact où le dernier Templier a caché LE MANUSCRIT DE JESUS ! Ce document incroyable serait la preuve que les fondements de l’église catholique reposeraient sur une vaste supercherie à l’échelle planétaire et qui aurait berné des générations entières.
Dès lors, nous découvrons que plusieurs forces contraires veulent mettre la main sur ce fameux manuscrit écrit en araméen : le Vatican pour le détruire envoyant un émissaire en robe qui tue sans vergogne, le vieux professeur qui poursuit sa vengeance et Tess par passion archéologique. A tout cela s’ajoute le FBI qui poursuit le méchant professeur.

La grande artillerie de l’écriture


Cette narration est entrecoupée par des chapitres flash-back qui racontent les bévues des derniers Templiers entre la fin du XIIIème siècle et le début du XIVème siècle. Et il est indéniable que l’auteur de ce roman a consacré un temps considérable en recherches sur cette période. Son mérite est de distiller ses références historiques de manière très pédagogique pour le grand public. Ainsi, cette toile de la fin du Moyen-Age n’est absolument pas lourde. Bien au contraire, c’est elle qui fait la richesse de ce livre. Sans ces sources bien intégrées à la narration, ce roman n’aurait que peu d’intérêt car tous les ingrédients de la mécanique romanesque sont là avec ses stéréotypes : histoire d’amour, intrigue policière, suspense, cascades et coups de poing, hémoglobine, violence, naufrage, île paradisiaque, plongée sous-marine, secret historique, fouilles, désert ... pardonnez-moi d’en oublier !
Même si le style fluide de l’auteur est très agréable à lire (à la forme, il n’est rien à redire), le fond est d’une lourdeur et d’une facilité qui dessert beaucoup ce roman. Les dialogues sont creux, sans passion. L’auteur utilise les stéréotypes des séries américaines du genre « FBI portés disparus ». Dans l’intrigue tout est téléphoné comme la découverte du manuscrit échoué sur la même île grecque que Tess et Sean. Comme par hasard ! Le problème de cette écriture réside dans le fait qu’on voit trop la machine à écrire au détriment du contenu.
C’est exactement ce qu’abhorrait Flaubert qui passait ses nuits à effacer ses « empruntes d’écrivain ». Mais Raymond Khoury n’a pas les prétentions flaubertiennes...

En conclusion


C’est pour cela que se posent trois questions fondamentales après lecture de ce livre tiré à trois millions d’exemplaires :
1. Peut-on écrire avec une plume comme on écrit avec une caméra ? Le dernier Templier est à mes yeux plus un scénario de film qu’un livre.
2. Pour écrire un best-seller, doit-on utiliser un maximum d’outils et de rouages narratifs, drainant derrière eux une armada de clichés ?
3. Le lecteur occidental moderne est-il devenu un simple spectateur, passif, dévoreur de hamburgers ?
À la lecture de ce livre, j’avoue humblement que ma tentation fut grande de manger des pop-corns et des chips...

Pour aller plus loin :
- Une histoire de la lecture d’Alberto Manguel aux éditions Babel.

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