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Y'A BON AWARDS : LE CÉSAR DE LA REMARQUE LA PLUS RACISTE. - vox-populi.net

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Y'A BON AWARDS : LE CÉSAR DE LA REMARQUE LA PLUS RACISTE.Y’A BON AWARDS : LE CÉSAR DE LA REMARQUE LA PLUS RACISTE.

mercredi 1er avril 2009, par Adeline Scherman

Comme pour un César la récompense est dorée, mais cette fois, mieux vaut ne pas être nominé. Les Y’a bons awards, première cérémonie organisée pour récompenser le meilleur dérapage à caractère raciste, s’est déroulée à Paris le 17 mars dernier. Organisée par l’association Les Indivisibles, elle a pour objectif d’exercer une veille sur les personnages publics, de surveiller leur langage et, le cas échéant, de punir publiquement, avec humour.

Les hommes politiques et autres personnages publics n’ont plus qu’à tourner sept fois leur langue dans leur bouche : ce soir là, au centre Fleury Goutte d’Or Barbara dans le 18° arrondissement, on a récompensé celui qui a osé la remarque la plus raciste. Il fait très chaud, la salle est beaucoup trop petite pour accueillir la nuée de journalistes en plus du public.

L’attachée de presse a bien fait son travail, les médias se sont jetés sur cet événement original et on n’attendait sûrement pas autant de caméras. Les journalistes se marchent un peu sur les pieds. Pas de tapis rouge pour Lilian Thuram, membre du jury. Il s’installe sur une chaise en plastique comme tout le monde. Unique honneur pour l’invité de marque : le premier rang. Les moyens sont limités, la salle a été prêtée, on ne fera donc pas les difficiles. Une fois la foule tassée, on ferme les portes, on plonge tout le monde dans le noir et la cérémonie débute aussitôt.

Blanche, du Jamel Comedy Club, et l’actrice Aïssa Maïga présentent la soirée. Mais la comédienne est actrice et pas présentatrice. Dès le début elle s’emmêle dans ses fiches, bafouille, confond les nominés et les catégories, s’en fiche et en rit. Le public s’amuse avec elle. Aucune importance si les petits films projetés sont mal synchronisés avec le déroulement de la soirée.

Les Indivisibles veulent avant tout souligner les déviances du langage de certains avec humour. A la fin de la soirée, Blanche avouera qu’elle « n‘aime pas s’impliquer dans l’associatif », mais Les Indivisibles l’ont convaincue car « ils ne sont pas là pour faire la morale, ni pointer du doigt certains individus pour mieux les jeter aux chiens ».

Banane d’or pour langage glissant.

Pas de condamnation et le pardon est donc possible, que les nominés soient rassurés. L’écrivain Alain Finkielkraut en sera probablement ravi, à moins qu’il ne s’en fiche. Mais quel que soit son avis sur la question, il est l’un des heureux titulaires d’une banane d’or remportée haut la main dans la catégorie « Tu l’aimes ou tu la quittes » pour cette mémorable sentence : « Les gens disent que l’équipe nationale française est admirée par tous parce qu’elle est black-blanc-beur. En fait, l’équipe de France est aujourd’hui black-black-black, ce qui provoque des ricanements dans toute l’Europe. »

Certains pourtant n’ont pas apprécié la blague. Le journaliste Eric Zemmour, pourtant grand favori du public dans la catégorie « Pour l’ensemble de son œuvre » tant il semble faire des remarques racistes sa langue maternelle, goûte fort peu la plaisanterie. Il aurait déclaré, croit-on savoir du côté de l’organisation, que « le ridicule ne tue pas » en parlant des Y’a bon awards. Au vu du nombre impressionnant de nominations dont il fait l’objet, dans la salle, on aurait envie de lui retourner le compliment.

Le jury est magnanime, pas de « récompense » pour lui cette année. Il ne fait pas parti du palmarès du meilleur du pire. Il est à regretter pourtant que personne n’ai eu le courage de venir chercher son trophée sur scène. Le public aurait sûrement gracié le courageux. Les mots sont glissants et la pente médiatique n’est jamais loin pour les politiques. Le dérapage est vite arrivé et est probablement rarement volontaire.

La soirée s’achève donc dans la bonne humeur. Pendant que Lilian, le footballeur rangé des terrains, est assailli par les caméras et les micros, Rokhaya Diallo, la présidente de l’association, avoue ne pas souhaiter un brillant avenir à sa cérémonie. « J’espère que dans le futur on n’aura plus assez de matière pour continuer ». Vœu sûrement sincère de sa part, mais vœu pieu pour le reste de la société.

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